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L’hôtel de Montmorin Le Ministère des Outremer


27 rue Oudinot – M° Saint-François-Xavier ou M° Vaneau

7e arrondissement

Habité au XVIIIe siècle par le célèbre comte de Montmorin-Saint-Herem, ministre et ami de Louis XVI, l’hôtel de Montmorin abrite aujourd’hui le Ministère des Outremer.

En 1768, Jean-Baptiste Gaillard de Beaumanoir, fils d’un secrétaire du roi  , fait l’acquisition d’une maison rue Plumet (actuelle rue Oudinot). Il la fait raser : à la place s’élève désormais une demeure classique entre cour et jardin.

L’hôtel de Montmorin : la façade sur cour

Le comte de Montmorin-Saint-Herem

En 1784, l’hôtel est vendu à Armand-Marc, comte de Montmorin-Saint-Herem (1745-1792). Ce diplomate revient alors de Madrid où il était ambassadeur. Ancien Menin (gentilhomme affecté à la personne du dauphin) du dauphin, le futur Louis XVI, il est devenu son ami proche. Louis XVI lui confie d’ailleurs le poste de ministre des Affaires étrangères après la mort de Vergennes en 1787.

L’implication dans la fuite du roi

Renvoyé comme Necker le 12 juillet 1789, Montmorin est rappelé après les événements du 14 juillet ; il reste ministre jusqu’en 1791. Lors de la fuite de la famille royale et de son arrestation à Varennes le 21 juin 1791, l’aristocrate est impliqué car les faux documents utilisés pour le voyage sont signés de sa main. Il semble qu’il ait ignoré la véritable identité des voyageurs.

L’hôtel de Montmorin : un des salons

Massacré pendant la Terreur

Ayant démissionné de son poste, Montmorin travaille en secret pour le souverain qu’il espère sauver. Il projette même de faire enlever le roi et de le faire passer en Angleterre sur un bateau mais Louis XVI s’y refuse.

Après la journée du 10 août 1792 qui signe la fin de la monarchie, Montmorin s’enfuie de son hôtel avec sa famille. Arrêté quelques jours plus tard, il est conduit à la prison de l’Abbaye. Le 2 septembre commencent les "massacres de Septembre" décidés par les révolutionnaires. On exécute en masse les prisonniers politiques et membres du clergé enfermés dans les prisons parisiennes : les Carmes, la Conciergerie, l’Abbaye, la Force, le Châtelet. Montmorin est massacré par la foule le 2 septembre 1792.

Le général Rapp

Restitué aux Montmorin le 23 Floréal an III, l’hôtel est d’abord vendu à Daniel Parker, un citoyen américain, puis au banquier Jean-Auguste Sevène. Puis il est acquis par le général Rapp (1773-1821) qui le conserve jusqu’à sa mort en 1821.

Propriété du marquis de La Roche-Dragon de 1829 à 1845, la demeure est alors En 1846, l’hôtel de Montmorin est acquis par la maison-mère des Frères des Ecoles chrétiennes. En 1905, suite à la loi de séparation de l’Etat et de l’Eglise, les religieux sont contraints de quitter l’hôtel.

L’hôtel de Montmorin : le revers du portail

Du ministère des Colonies au ministère des Outremer

En 1905, le ministère des Colonies s’y installe. Depuis 1959, l’hôtel est le siège du ministère des Outremer, dédié aux DOM-TOM.

Des remaniements difficiles à dater

L’hôtel de Montmorin a probablement subi plusieurs remaniements. Le premier doit dater de l’intervention de l’architecte Alexandre-Théodore Brongniart, architecte des Montmorin, dans les années 1780. Brongniart est d’ailleurs très actif dans le quartier à cette époque.

Ainsi, les refends   et l’avant-corps à pilastres   doriques de la façade sur cour, ainsi que les fenêtres en plein cintre côté jardin témoignent d’une maîtrise et d’un style proche de celui de Brongniart.

En revanche, les attributs militaires sculptés dans le fronton triangulaire côté cour doivent être contemporains du général Rapp, c’est-à-dire du 1er Empire. Par la suite, aux XIXe et XXe siècle, l’hôtel a été parasité par des bâtiments administratifs construits dans un style banal. En conséquence, le parc d’origine a été largement amputé.

L’hôtel de Montmorin est régulièrement ouvert au moment des Journées du Patrimoine qui ont lieu chaque année en septembre.

Pour l’architecte Alexandre-Théodore Brongniart, voir également l’hôtel de Monaco, le couvent des Capucins, l’hôtel de Bourbon-Condé, l’hôtel Masseran, le palais Brongniart, l’hôtel de Besenval, l’hôtel de Montesquiou-Ferenzac.

Source :
Le Faubourg Saint-Germain, collection « Paris et ses quartiers », Paris, Edition Henri Veyrier, 1987.


27 rue Oudinot – M° Saint-François-Xavier ou M° Vaneau

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