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L’hôtel de Launay


22 rue Dussoubs – M° Sentier

2e arrondissement

Invisible de la rue, l’hôtel Aubry ou hôtel de Launay conserve une admirable façade datant de la fin du XVIIe siècle.

L’hôtel de Launay : la façade sur cour
©paris-promeneurs

Cet hôtel en fond de cour est bâti pour le compte de René II Aubry (1637-1715) à la toute fin du XVIIe siècle. La rue s’est appelée rue des Deux Portes Saint-Sauveur, puis rue Entre Deux Portes avant d’être rebaptisée rue Dussoubs en 1881.

L’ascension sociale de René II Aubry s’est construite dans l’administration des finances de l’Etat et dans les alliances familiales. Receveur général des finances de Caen entre 1664 et 1666, il achète ensuite le même office à Rouen, qu’il possède jusqu’en 1704. En 1671, il achète également la charge de Conseiller du Roi qui lui confère la noblesse. René II Aubry a également créé de puissantes alliances familiales avec d’autres figures des finances royales.

A son décès, sa fortune est séparée entre ses cinq enfants. Sa fille Charlotte Renée Aubry d’Armanville doit sans doute apporter l’hôtel Aubry à son mari, René Jourdan de Launay (1673-1749), seigneur de la Bretonnière, gouverneur de la Bastille, puisque l’hôtel porte également ce nom.

Leur fils Bernard-René de Launay aura la malchance d’être à son tour gouverneur de la Bastille au moment de la Révolution : il est assassiné par la foule le 14 juillet 1789 lors de la prise de la Bastille et sa tête est promenée à travers les rues de Paris. C’est l’une des premières victimes de la Révolution.

Situé en fond de cour, l’hôtel conserve une façade d’une grande élégance, malheureusement surélevée ultérieurement. Aux extrémités, de hautes arcades embrassent le sous-sol semi-enterré et le rez-de-chaussée ; elles sont sommées de mascarons  . Des refends   animent la façade au rez-de-chaussée et les angles de l’étage.

L’hôtel de Launay : l’aile gauche
©paris-promeneurs

La partie la plus intéressante est la travée centrale, traitée avec un raffinement extrême. En effet, deux ordres d’architecture   y sont superposés : au rez-de-chaussée, l’entrée est encadrée de colonnes doriques et surmontée d’une frise de métopes   surchargés de motifs végétaux et de triglyphes  , inspirée par l’architecture antique. A l’étage, la baie est encadrée de pilastres   ioniques et surmontée d’une frise végétale. La travée centrale est en retrait, reliée aux travées latérales par une façade curviligne.

Le logis est relié à une aile perpendiculaire qui rejoint le bâtiment sur rue, construit vers 1830. Le perron de l’hôtel donne accès au vestibule précédent un ample escalier à vide central. Un ancien boudoir est conservé.

L’hôtel, séparé en appartements, est fermé par un digicode. Avec un peu de chance, un résident bienveillant vous laissera jeter un coup d’œil à la cour.

Sources :
Leborgne (Dominique), Guide du promeneur 2e arrondissement, Paris, Parigramme, 1995.
www.aufildesgenerations.com


22 rue Dussoubs – M° Sentier

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