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L’hôtel de Chenizot


51 rue Saint-Louis en l’île – M° Pont-Marie

marais

Belle demeure de style rocaille  , l’hôtel de Chenizot a été habité par la célèbre Thérésa Cabarrus. Epouse du parlementaire Jean-Jacques Devin de Fontenay, elle est plus connue sous le nom de Mme Tallien.

L’hôtel de Chenizot - Le portail
©paris-promeneurs

Cet hôtel particulier du XVIIe siècle appartenait en 1641 à la veuve du prévôt des marchands, Michel Maureau. Il est acquis en 1719 par Jean-François Guyot de Chenizot, receveur général des finances à Rouen.

Un hôtel particulier de style rocaille  

Chenizot confie à l’architecte Pierre Vigné de Vigny (1690-1772) le remaniement complet de l’hôtel. La façade sur rue est alors habillée d’un magnifique portail   de style rocaille   doté de bossages   vermiculés  . Très mouvementé, le balcon repose sur des consoles   en forme de chimères   sculptées. Les grandes chimères   du balcon répondent aux chimères   plus petites sculptées en bois dans l’imposte   de la porte cochère. A la clef   du portail   est sculpté un mascaron   représentant une tête de faune   dans un cartouche.

Au-dessus du portail  , un important décor sculpté anime la travée centrale : pilastres   encadrant la baie du premier étage, fronton triangulaire (décoré de coquilles, vases, plumes, etc) couronnant le 1er étage et reposant sur d’élégantes consoles  , décor de vases au niveau du second étage.

L’hôtel de Chenizot - La façade sur cour
©paris-promeneurs

Passé le porche, on débouche sur une cour pavée rectangulaire bordée d’ailes en retour. La façade sur cour du logis présente également un important décor rocaille   animant la travée centrale. L’hôtel, l’un des plus vastes de l’île Saint-Louis, dispose en fond de parcelle d’une seconde cour entourée de bâtiments à usage de commun. A l’origine, un jardin (disparu) se prolongeait jusqu’au quai d’Orléans.

A l’intérieur de l’hôtel, le départ de rampe du grand escalier forgé par Nicolas Viennot est sculpté d’une cinquième chimère.

Thérèsa Cabarrus, l’intrépide Madame Tallien

A la mort de Chenizot, la demeure passe à sa veuve puis à son fils. Il est acquis en 1776 par un magistrat, M. Devin. Son petit-fils, Jean-Jacques Devin de Fontenay, est conseiller au Parlement de Paris. Il épouse en 1788 Thérèsa Cabarrus (1773-1835), une aristocrate d’origine franco-espagnole. Elle est alors âgée de 14 ans et demi. Illustration de son ascension sociale, Devin de Fontenay achète en 1788 un marquisat, payé au prix fort de 400.000 livres, pour accéder à la noblesse.

Portrait de Mme Tallien par le baron Gérard, vers 1804

Thérèsa Devin de Fontenay a tenu dans cet hôtel un cercle important favorable aux idées des Lumières et de la Révolution. Réfugiée à Bordeaux en 1793, elle se lie avec Jean-Lambert Tallien, député de la Convention siégant sur les bancs de la Montagne. Elle finit par devenir sa compagne et réussit à faire échapper de nombreux bordelais à la guillotine. D’où son surnom de « Notre-Dame de Thermidor ». En 1794, elle épouse Tallien.

Sous le Directoire, Mme Tallien devient la maîtresse de l’homme politique Paul Barras, l’un des trois directeurs à l’origine du coup d’état du 18 Fructidor an V (4 septembre 1797). Elle reçoit somptueusement dans la propriété de ce dernier, le château de Grosbois.

En 1798, Mme Tallien rencontre le richissime fournisseur aux armées, Gabriel-Julien Ouvrard. Celui-ci lui offre en 1799 une ancienne folie   située dans le faubourg Saint-Germain, plus connue sous le nom d’hôtel de Chanaleilles. Sous l’Empire, la salonnière se remarie en 1808 à François Joseph de Riquet de Caraman, prince de Chimay.

La résidence de l’archevêque de Paris

L’hôtel de Chenizot devient en 1815 la propriété d’un marchand de vin. En 1840, l’Etat le loue et en fait la résidence de l’archevêque de Paris, Monseigneur Affre. En 1849, l’archevêché migre à l’hôtel du Châtelet, dans le faubourg Saint-Germain. L’hôtel de l’île Saint-Louis est alors transformé en caserne de gendarmerie, ce qui entraine sa mutilation.

Depuis, l’hôtel a été séparé en habitations. Les deux cours intérieures sont en principe accessibles en semaine.

Pour l’architecte Pierre Vigné de Vigny, voir également la cour du Dragon, la maison La Barre de Caroy.

Sources :
Gallet (Michel), Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, Paris, Mengès, 1995.
Hillairet (Jacques), Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Editions de Minuit, Réédition de 1997.


51 rue Saint-Louis en l’île – M° Pont-Marie

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