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L’hôtel de la Païva


25 avenue des Champs-Elysées – Métro Franlin-Roosevelt - Renseignements sur la visite : 01 43 59 75 00.

8e arrondissement

L’hôtel de la Païva est une somptueuse demeure construite sous le Second Empire pour la marquise de la Païva.

L’hôtel de la Païva - La façade sur le jardin suspendu
©paris-promeneurs

Une ascension sociale fulgurante

Esther Lachmann (1819-1884) naît à Moscou en 1819 dans une famille juive polonaise. Elle se marie à un modeste tailleur français, Antoine Villoing. Puis elle fuit à Paris et fait franciser son prénom en Thérèse. Elle rencontre le pianiste mondain Henri Hertz. Devenu son amant, Hertz la présente aux artistes en vue tels que Emile de Girardin ou Franz Liszt. Sa "carrière" est lancée.

L’hôtel de la Païva - Le salon

Séparée de son mari, elle s’expatrie à Londres et fait tourner la tête de plusieurs aristocrates. En 1848, elle revient à Paris et séduit un aristocrate portuguais fortuné, le marquis Aranjo de la Païva. L’idylle est de courte durée mais elle a tout de même le temps de l’épouser en 1851, se refusant à lui dès le lendemain de la nuit de noce. Il lui offre néanmoins une belle demeure sur la place Saint-Georges, où elle vit de 1851 à 1852.

Très vite séparée du marquis de La Païva, l’ambitieuse marquise s’entiche d’un richissime aristocrate prusse, le comte Guido Henckel von Donnersmarck, un puissant homme d’affaire cousin de Bismarck. Fou d’elle, le comte lui offre un véritable palais, construit entre 1856 et 1866 sur l’avenue des Champs-Elysées.

L’hôtel de la Païva - Le salon d’hiver

Une courtisane dispendieuse

En 1857, la Païva fait acheter à Donnersmark le somptueux château de Pontchartrain, dans les Yvelines. Elle y reçoit les personnalités politiques en vue, comme Léon Gambetta.

La courtisane aime également les très beaux bijoux. Ils supplantent parfois en beauté ceux de l’impératrice Eugénie. Donnersmarck lui offre deux diamants jaunes exceptionnnels : l’un de 82 carats, l’autre de 102 carats. Restés dans la descendance Donnersmarck, ils sont passés en vente chez Sotheby’s à Genève en 2007 et ont été vendus pour la bagatelle de 3,5 millions et 5 millions de francs suisses.

Un pastiche de la Renaissance

Pierre Manguin (1815-1869) est l’auteur de cet hôtel d’un luxe inouï. Il met près de dix ans à le construire et dépense 10 millions de francs, somme considérable.

L’hôtel est précédé sur l’avenue par un jardin suspendu. On y accède par un passage cocher sur la gauche, menant à la cour des communs   située à l’arrière. L’hôtel s’inspire de la Renaissance italienne. De nombreux éléments sculptés et des incrustations de marbre animent la façade sur l’avenue.

L’hôtel de la Païva - L’escalier
©Jean-Marc Palisse

De façon assez inhabituelle, l’escalier d’honneur qui mène aux appartements privés est placé au centre de l’hôtel et est sans doute l’élément architectural le plus exceptionnel. Intégré dans une cage octogonale, il est conçu tout en courbes. Les murs et la rampe sont en onyx jaune d’Algérie. Des torchères de bronze servent à l’éclairer. Des statues de Virgile, Dante et Pétrarque complètent l’ensemble.

L’hôtel de la Païva - La salle de bain

Les décors intérieurs sont éblouissants et confiés aux meilleurs artistes. Paul Baudry (auteur du décor du foyer de l’Opéra Garnier) y peint le plafond du grand salon. Le décor de la salle à manger est confié à l’ébéniste Kneib et au sculpteur Dalou pour les bas-reliefs  . La salle de bain mauresque où trône une très curieuse baignoire est restée célèbre.

La chambre de la Païva est ornée d’une impressionnante cheminée en malachite verte, décorée de figures agenouillées dues à Albert Carrier-Belleuse. Pour les décors peints, la maîtresse de maison a fait appel à Jean-Léon Gérôme et Antoine Hébert.

En 1877, la Païva quitte la France et son fabuleux hôtel, soupçonnée d’espionnage au profit de la Prusse. Elle se retire en Silésie, au château de Neudeck, et y meurt en 1884. Donnersmarck conserve l’hôtel des Champs-Elysées jusqu’en 1895.

L’hôtel de la Païva abrite depuis 1903 un club de "gentlemen", The Traveller’s Club. Il est ouvert à la visite sur rendez-vous le samedi ou le dimanche.

Sources :
- Guide du promeneur 8e arrondissement, Philippe Sorel, Parigramme, 1995.
- Guide du patrimoine Paris, Jean-Marie Pérouse de Montclos, Hachette, 1994.
- Les hôtels particuliers de Paris, Alexandre Gady, Parigramme, 2008.


25 avenue des Champs-Elysées – Métro Franlin-Roosevelt - Renseignements sur la visite : 01 43 59 75 00.

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