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L’hôtel de Monaco L’ambassade de Pologne


57 rue Saint-Dominique – M° Varennes – Tel : 01 43 17 34 03

7e arrondissement

Bâti au XVIIIe siècle par Alexandre-Théodore Brongniart pour la princesse de Monaco, l’hôtel de Monaco a été reconstruit au XIXe siècle. Il abrite aujourd’hui l’ambassade de Pologne.

L’hôtel de Monaco

Un parti architectural original

Marie-Catherine de Brignole (1737-1813), princesse de Monaco, décide en 1772 de faire construire un hôtel sur l’une des dernières parcelles disponibles du faubourg Saint-germain. Elle vient de se séparer de son mari, Honoré Goyon de Grimaldi, prince de Monaco (voir l’hôtel Matignon).

L’architecte Alexandre-Théodore Brongniart, en charge du projet, opte pour un parti original. Au traditionnel hôtel entre cour et jardin occupant toute la largeur de la parcelle, il préfère une allée de platanes menant à un grand pavillon à l’italienne, entouré de verdure. La façade principale comporte 9 fenêtres cintrées séparées par des colonnes engagées   d’ordre dorique. Au milieu, un péristyle   semi-circulaire équilibre la façade. Entre le rez-de-chaussée et le premier étage, l’entablement   est décoré d’une frise de triglyphes  .

L’hôtel est double en profondeur. L’entrée se fait par un vestibule ovale. Les salons de réception se situent à droite, les appartements de la princesse à gauche. L’escalier en demi-cercle mène à l’étage.

L’hôtel de Monaco - L’escalier d’honneur et la galerie

Un hôtel entièrement reconstruit

En 1790, la princesse de Monaco émigre en Angleterre. Loué à l’ambassadeur d’Angleterre, le palais est successivement occupé par la Commission des Secours publics, puis par l’ambassade de Turquie. L’abbé Sieyès l’occupe ensuite, puis le vend en 1808 au maréchal Davout, duc d’Auerstaedt.

A la mort du maréchal en 1823, sa veuve loue l’hôtel au comte Apponyi, ambassadeur d’Autriche. En 1838, la demeure est vendue à William Williams-Hope (1802-1855), le fils d’un banquier anglais installé à Amsterdam. Hope jouit d’une immense fortune et donne des fêtes grandioses. Il va faire reconstruire l’hôtel par l’architecte Achille-Jacques Fedel entre 1838 et 1841.

Le nouvel édifice s’inspire des plans de Brongniart, mais dans un style plus sévère. La façade comprend désormais 11 travées. Elle se prolonge par deux grandes ailes sur la cour. Le nouveau péristyle  , rectangulaire cette fois-ci, est soutenu par quatre colonnes doriques. Le jardin est profondément modifié : terrasse, fontaine, grotte, serres sont ajoutées.

L’hôtel de Monaco - Salon de réception

Des décors intérieurs éblouissants

A l’intérieur, les salons sont décorés avec un luxe inouï dans le style néo-Renaissance ou néo Louis XIV. Ils servent à mettre en valeur les magnifiques collections de mobilier et de peintures de Hope. Un grand escalier droit, couvert d’une voûte à caissons, mène à la galerie   à l’étage. Les peintures des plafonds, d’inspiration italienne, sont l’œuvre de Philippe Camairas (1803-1875).

A la mort de Hope en 1855, l’hôtel est vendu au baron Achille Seillère, riche banquier. En 1873, sa fille Jeanne et son gendre, Boson de Talleyrand-Périgord, prince de Sagan, en héritent. La demeure devient alors le cadre de fêtes somptueuses. Chaque année, le bal costumé donné par la princesse de Sagan est l’événement mondain dont tout Paris parle.

L’hôtel de Monaco - Enfilade des salons

De 1909 à 1936, l’hôtel de Monaco est la propriété de Jacques Seligmann. Ce grand antiquaire a pour clients les plus grands collectionneurs : Moïse de Camondo, le baron Edmond de Rothschild, JP Morgan ou encore William Randolph Hearst.

En 1936, la république polonaise fait l’acquisition de l’hôtel de Monaco et y installe son ambassade. Chaque année, l’hôtel de Monaco est ouvert au public pendant les Journées du Patrimoine qui ont lieu en septembre.

Pour l’architecte Alexandre-Théodore Brongniart, voir également le couvent des capucins, l’hôtel de Montesquiou-Ferenzac, l’hôtel de Bourbon-Condé, l’hôtel Masseran, le palais Brongniart, l’hôtel de Besenval.

Sources :
- Guide du promeneur 7e arrondissement, Françoise Bertin-Colin, Parigramme, 1995.
- Guide du patrimoine Paris, sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Hachette, 1994.
- www.paris.mfa.gov.pl


57 rue Saint-Dominique – M° Varennes – Tel : 01 43 17 34 03

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