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Le Wildenstein Institute


57 rue La Boétie – M° Miromesnil

8e arrondissement

Cet hôtel particulier construit par l’architecte Walter-André Destailleur abrite le siège du Wildenstein Institute, dédié à l’histoire de l’art.

Trois maisons bâties par l’architecte Charles De Wailly, estampe de Charles-Nicolas Ransonnette
©Musée Carnavalet

La maison de l’architecte Charles de Wailly

L’hôtel Wildenstein est souvent confondu avec la maison construite par l’architecte néo-classique Charles de Wailly (1730-1798) pour lui-même au n°49 rue La Boétie (à l’époque encore nommée rue de La Pépinière). Les plans et façades de cette maison d’une grande complexité architecturale sont connus grâce aux gravures de Charles-Nicolas Ransonnette. Mais cette demeure a été démolie, tout comme sa voisine, la maison construite par le même architecte pour le sculpteur Pajou.

L’hôtel particulier que nous voyons au n°57 rue La Boétie est l’œuvre de l’architecte Walter-André Destailleur (1867-1940). Edifié de 1898 à 1905, il présente un plan en fer à cheval. Son vocabulaire est largement inspiré de l’architecture classique du XVIIIe siècle.

Le marchand d’art Nathan Wildenstein

En 1905, la demeure est acquise par un grand marchand d’art d’origine juive, Nathan Wildenstein (1851-1934). Spécialisé dans la peinture ancienne, il a ouvert sa première galerie   en 1890 au n°46 rue du faubourg Saint-Honoré. L’hôtel de la rue La Boétie sert de cadre à sa prestigieuse collection d’œuvres d’art.

Nathan Wildenstein est le fondateur d’une véritable dynastie de marchands d’art. Après lui se succèdent trois générations : son fils Georges Wildenstein, son petit-fils Daniel Wildenstein, et ses deux arrières-petits-fils, Alec et Guy Wildenstein.

L’hôtel Wildenstein
©paris-promeneurs

La spoliation par l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR)

En 1941, l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR) confisque l’hôtel Wildenstein : ce bureau dirigé par Alfred Rosenberg est chargé de confisquer les biens des familles juives au profit de l’Allemagne nazie. Après la guerre, l’hôtel est restitué à la famille Wildenstein.

La fondation Wildenstein

En 1970, Daniel Wildenstein et sa sœur Myriam Pereire établissent le siège de la fondation Wildenstein dans cet hôtel : sa vocation est de répertorier les œuvres raisonnées de grands peintres (Monet, Manet, Gauguin, Courbet, etc). Doté d’une importante bibliothèque (près de 400.000 ouvrages), l’institut est également un centre de recherche en histoire de l’art. Enfin, l’hôtel abrite de nombreuses œuvres appartenant à la collection Wildenstein. En 1990, la fondation Wildenstein devient le Wildenstein Institute.

Le douteux trésor des Wildenstein

En 2010, les héritiers Wildenstein, Alec et Guy, ont été impliqués dans une affaire de recel d’œuvres d’art. Lors d’une perquisition au Wildenstein Institute, les enquêteurs ont fait main basse sur une trentaine d’œuvres signalées disparues ou volées. Parmi elles, des dessins de Degas, une peinture de Berthe Morizot, des bronzes de Rembrandt et Bugatti.

Eclaboussé par cette première affaire où il plaide « l’erreur ou l’oubli », Guy Wildenstein a également été mis en cause après une perquisition des coffres des Wildenstein à Genève en mai 2016. En effet, plusieurs tableaux du peintre Manet jusqu’ici disparus y sont retrouvés : estimés en tout à 50 millions d’euros, ils appartiennent aux descendants de l’industriel et grand collectionneur Henri Rouart.

Un nouveau rebondissement judiciaire

Le feuilleton artistique et judiciaire de cette sulfureuse famille de collectionneurs vient de connaître un rebondissement en janvier 2021. Relaxés en 2018 par la cour d’appel de Paris dans l’accusation de fraude fiscale, Guy Wildenstein (72 ans) et ses deux fils Alec et Guy devront à nouveau justifier de l’étendue exacte de leur fortune : la Cour de cassation de Paris a en effet annulé leur relaxe et ordonne un nouveau procès.

Pour l’architecte Walter-André Destailleur, voir également l’hôtel de Béhague, l’hôtel de Wagram, l’hôtel de Errazu, l’hôtel Renault, l’hôtel de Crillon.

Sources :
Gallet (Michel), Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, Paris, Mengès, 2005.
Sorel (Philippe), Guide du promeneur 8e arrondissement, Paris, Parigramme, 1995.
www.lepoint.fr/economie/le-tresor-sulfureux-des-wildenstein-03-02-2011-1291207_28.php


57 rue La Boétie – M° Miromesnil

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