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L’hôtel Talma


9 rue de la Tour des Dames – M° Trinité

9e arrondissement

Bâti en 1822 dans le style néo-classique, l’hôtel Talma a été habité par le grand tragédien François-Joseph Talma (1763-1826), le comédien préféré de Napoléon Ier.

Hôtel Talma - Façade sur le jardin

Une maison au cœur de la Nouvelles-Athènes

Avec ses hôtels néo-classiques donnant sur des jardins à l’arrière, la rue de la Tour des Dames est sans doute celle qui restitue le mieux le paysage architectural de la Nouvelle-Athènes. Le monde des Arts y fut particulièrement bien représentée : la comédienne Melle Mars au n°1 (voir l’hôtel de Melle Mars), la comédienne Melle Duchesnois au n° 3 (voir l’hôtel de Melle Duchesnois), le peintre Horace Vernet au n° 5, son gendre le peintre Paul Delaroche au n°7…

Tout naturellement, le grand acteur François-Joseph Talma (1763-1826) choisit de s’installer dans cette rue. En 1820, il charge l’architecte Charles Lelong de lui édifier une belle demeure.

L’hôtel Talma - La façade sur la rue Tour des Dames
©paris-promeneurs

Un hôtel néo-classique

Certes, la façade sur la rue est austère et peu animée. En revanche, la façade sur le jardin est plus raffinée : un ample pavillon central couvert d’un toit à pans brisés est encadré d’ailes en retrait. La façade incarne la sobriété du style néo-classique : elle est animée de refends   horizontaux et de baies non moulurées, rectangulaires ou cintrées.

L’hôtel donne sur un très beau jardin où trônent deux statues de déesses et une statue d’orateur romain, ayant appartenu autrefois à la célèbre peintre Mme Vigée-Lebrun.

L’hôtel Talma - La façade sur le jardin

A l’intérieur, Talma fait appel aux meilleurs artistes pour décorer son hôtel : Prion et Duponchel. Un jeune peintre, Eugène Delacroix (1798-1863), est chargé de traiter les dessus-de-porte de la salle à manger. Ces trumeaux   ont hélas été démonté depuis. En revanche, il subsiste une pièce avec alcôve, que le grand tragédien avait transformé en petite scène. Elle est décorée de hautes glaces surmontées d’ornements et d’effigies de poètes et d’artiste.

L’hôtel Talma est aujourd’hui séparé en appartements et ne se visite malheureusement pas. Quelques photos ci-jointes vous laissent entrevoir la façade sur le jardin.

Portrait de Talma

Le plus grand comédien de son temps

François-Joseph Talma est considéré comme le plus grand tragédien de son époque. Formé à la Comédie Française, il se fait remarquer par Bonaparte dans Cinna de Corneille. Talma va d’ailleurs devenir « le comédien préféré du 1er consul. Doté d’un physique sculptural et impressionnant, digne d’un empereur romain, Talma ne pouvait que séduire le futur Empereur des français.

Talma va moderniser l’art dramatique. Il incarne des personnages vêtus selon leur époque, habillés en toge et cothurnes pour Brutus de Voltaire, qui se passe à l’époque romaine. Il n’hésite pas à jouer bras et jambes nues, ce qui choque considérablement son époque !

Talma transpose la Révolution en politique à ses idées théâtrales : il apparaît sur scène sans perruque et modernise la tragédie en la faisant évoluer vers le drame historique et politique. A partir de 1806, il sera professeur au Conservatoire d’Art dramatique ouvert rue du Conservatoire.

L’hôtel Talma - Appartement au niveau bas donnant sur le jardin

Une vie amoureuse agitée

La vie amoureuse de Talma est assez tumultueuse. En 1791, il épouse une actrice renommée, Julie Carreau : ils emménage dans le petit hôtel qu’elle possède rue Chantereine. Cet hôtel deviendra la résidence de Joséphine de Beauharnais et de son futur époux, Napoléon Bonaparte (Voir l’hôtel Beauharnais).

Divorcé dès 1802, il épouse une autre comédienne, Charlotte Vanhove. En 1812, le tragédien a une courte liaison avec Pauline Bonaparte, sœur de l’Empereur Napoléon 1er. Séparé de Charlotte Vanhove en 1815, il aura 3 enfants avec Madeleine Bazile.

Talma meurt dans sa hôtel de la rue Tour des Dames le 19 octobre 1826. Il est enterré au Père-Lachaise.

Sources :
- Guide du promeneur 9e arrondissement, Maryse Goldemberg, Parigramme, 1995.
- La Nouvelle-Athènes, haut lieu du Romantisme, sous la direction de Bruno Centorame, Action Artistique de la Ville de Paris, 2001.


9 rue de la Tour des Dames – M° Trinité

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