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L’hôtel Cromot du Bourg Espaces culturels de la Ville de Paris


insi que les sites archéologiques9 rue Cadet – M° Cadet

9e arrondissement

Datant du XVIIIe siècle, l’hôtel Cromot du Bourg a ensuite abrité la célèbre manufacture de pianos Pleyel. De 2015 à 2018, la Mairie de Paris a réhabilité l’ensemble des bâtiments. Ils vont accueillir à partir de 2019 des logements sociaux, des ateliers d’artistes, un studio de danse, des activités culturelles ainsi que le bureau de style Nelly Rodi.

L’hôtel Cromot du Bourg : la façade donnant sur la rue Cadet
©paris-promeneurs

Le chef de la fruiterie de Louis XV

Une maison est construite en 1735 au milieu de jardins maraîchers. Elle sert alors de logement à Gallerand, qui occupe le poste de chef de la fruiterie du roi Louis XV. En 1754, un commis aux finances, Boudrey, l’achète et l’agrandit.

Après lui, Jules-David Cromot de Fougy, baron du Bourg, premier commis aux finances de Louis XVI, en est propriétaire à partir de 1762. Il confie probablement à l’architecte Jean-Michel Chevotet, dont il est proche, l’aménagement des salons de réception (source Michel Gallet) dans le style rocaille   : antichambre, grand salon, petit salon, chambre à coucher.

Au début du XIXe siècle, l’hôtel est divisé en lots. Les financiers André et Cottier, promoteurs du quartier Poissonnière, y habitent.

L’hôtel Cromot du Bourg : l’antichambre. Les dessus de portes sont décorés de bas-reliefs en stuc représentant des Amours

Les fabricants de piano Pleyel

Le musicien et fabricant de pianos Camille Pleyel (1788-1855) va rendre célèbre l’hôtel Cromot du Bourg. Fils aîné d’Ignace Pleyel, il s’est associé à Kalkbrenner pour fonder une fabrique de pianos. Entre 1830 et 1838, Pleyel occupe une partie de l’hôtel Cromot où il fait donner des concerts dans un salon pouvant accueillir 150 personnes. Son ami Frédéric Chopin y donne son premier concert public le 25 février 1832.

L’hôtel Cromot du Bourg : projet de décoration du grand salon. Les dessus de porte sont décorés de peintures d’après les grands peintres du XVIIIe siècle (Fragonard, Boucher, Chardin, Natoire)

En 1838, la manufacture Pleyel déménage un peu plus haut, au n° 22 rue de Rochechouart. Elle dispose d’une salle de concert de 500 places. La famille royale y assiste à un concert de Chopin une semaine avant la Révolution de 1838. Les locaux brûlent en 1851 et sont démolis en 1926 ; c’est aujourd’hui le centre Valeyre. La manufacture Pleyel déménage ensuite à la plaine Saint-Denis. Elle ferme en 2013.

La halle industrielle qui accueillera un studio de danse
©paris-promeneurs

Un atelier de Lithographie puis une imprimerie

En 1855, un atelier de lithographie s’implante dans une halle construite au fond de la cour de l’hôtel. Sous la Commune de Paris, « l’Imprimerie nouvelle » la remplace. Cette association ouvrière fondée en 1869 fait construire le bâtiment en brique contigu à la halle.

Bâtiment de "l’Impremerie nouvelle" au fond de la cour
©paris-promeneurs

Les frères Duthuit, de grands collectionneurs

A la fin du XIXe siècle, l’hôtel Cromot du Bourg appartient aux frères Duthuit, industriels rouennais et célèbres collectionneurs d’art. Leur collection, léguée à l’Etat, se trouve au Petit Palais. Les Duthuit lèguent l’hôtel de la rue Cadet à la Ville de Paris.

L’hôtel Cromot du Bourg : la façade donnant sur la cour
©paris-promeneurs

Le syndicat des négociants en perles et pierres précieuses

Après la Première Guerre mondiale, le syndicat des négociants en perles et pierres précieuses s’installe dans l’hôtel Cromot. Le quartier est en effet l’épicentre du travail et du négoce des perles et pierres précieuses à Paris depuis le début du XXe siècle. Ceci s’explique par l’arrivée de communautés juives et arméniennes fuyant les persécutions en Europe de l’Est et en Turquie. Les arméniens se spécialisent dans le travail des perles et pierres, les juifs dans le négoce.

L’aile gauche de l’hôtel vue de la cour du n°7 rue Cadet
©paris-promeneurs

La culture de nouveau à l’honneur

A partir de 2004, la Commission du Vieux Paris occupe une partie de l’hôtel jusqu’en 2015. Rappelons que sa mission est de préserver les édifices patrimoniaux, sites et quartiers parisiens ainsi que les vestiges archéologiques de Paris.

De 2015 à 2018, la Mairie de Paris a procédé à la réhabilitation complète de l’hôtel et a souhaité redonner une vocation culturelle à ce lieu chargé d’histoire. L’ensemble des travaux sera achevé début 2019.

Une vingtaine de logements sociaux et 3 ateliers d’artistes seront aménagés dans l’hôtel. Les prestigieux salons serviront de cadre à des activités théâtrales, plastiques ou musicales. La chorégraphe Blanca Li installera ses studios de danse dans l’ancienne halle.

Enfin, le bureau de style fondé en 1985 par Nelly Rodi (maintenant dirigé par son fils Pierre-François Le Louët) va regrouper tous ses bureaux parisiens dans l’hôtel Cromot. Quatre espaces favoriseront les rencontres et les échanges entre professionnels et industries créatives : l’agence de prospective et d’innovation, la galerie   d’art, la tissuthèque, les salons de réception.

L’hôtel Cromot du Bourg : l’aile gauche dans la cour, après rénovation
©paris-promeneurs

Une architecture d’époque Louis XV

L’hôtel comprend un corps de logis (percé d’un passage menant à la cour) et une aile gauche perpendiculaire en retour sur la cour (surélevée et dotée de verrières au dernier étage).

La façade du corps de logis se caractérise par une grande sobriété. Le premier niveau est animé de refends  , tandis que les autres niveaux (décroissants en hauteur) sont dépourvus d’éléments décoratifs. La frise de métopes   et la grosse corniche à modillons   sont inspirés de l’architecture antique. A l’intérieur, un grand escalier de pierre d’époque Louis XV mène au premier étage où sont distribuées les pièces d’honneur.

Plus tard, Cromot du Bourg fait appel à ’architecte Jean-François Chalgrin pour doubler l’aile sur cour et ajouter à l’extrémité du logis donnant sur la rue un pavillon à usage de boudoir.

Pour l’architecte Jean-Michel Chevotet, voir également l’hôtel Perrinet de Jars, le pavillon de Hanovre.

Pour l’architecte Jean-François Chalgrin, voir également l’église Saint-Philippe du Roule, le Collège de France, l’Arc de Triomphe de l’Etoile,la chapelle de la congrégation du Saint-Esprit, l’église Saint-Sulpice, l’hôtel de Saint-Florentin, l’hôtel de Luzy.

Sources :
Gallet (Michel), Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, Paris, Mengès, 1995.
Goldemberg (Maryse), Guide du promeneur 9e arrondissement, Paris, Parigramme, 1997.
www.neufhistoire.fr
Le Parisien, 12 novembre 2018.


insi que les sites archéologiques9 rue Cadet – M° Cadet

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