Pont de paris

Lieux insolites

Accueil > Lieux insolites > La prison de la Petite Force Hôpital de la Salpétrière

La prison de la Petite Force Hôpital de la Salpétrière


Rue Vincent de Paul - Hôpital de la Pitié-Salpétrière - M° Chevaleret

13e arrondissement

Située dans l’enceinte de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, la prison de la Petite Force a été bâtie vers 1684 pour incarcérer les filles jugées « débauchées ». Elle fait partie des lieux où se déroulèrent les sinistres massacres de Septembre 1792.

La prison de la Petite Force - Façade sur la rue Vincent de Paul
©paris-promeneurs

De l’hôpital à la prison pour femmes

A partir de 1658, un ancien arsenal est transformé en hôpital pour femmes : cet hôpital général est baptisé l’hôpital de La Salpétrière. Il est destiné aux femmes pauvres, abandonnées, invalides ou folles.

Dès 1680, le ministre Jean-Baptiste Colbert transforme l’hôpital en véritable lieu d’incarcération pour les femmes : la notion de punition prévaut sur la notion de protection et de soins.

En 1684, l’architecte Barthélémy de Dieppe est chargé de construire une prison au Nord de l’hôpital : la Petite Force est un quadrilatère austère comportant 4 cours intérieures. Il doit servir à incarcérer les femmes jugées « débauchées » ainsi que les condamnées. Elles sont regroupées dans des divisions distinctes suivant leur crime.

La Force est aussi le lieu de détention des condamnées avant leur déportation vers le Canada ou la Louisiane. Dans le célèbre roman « Manon Lescaut » de l’abbé Prévost paru vers 1733, Manon y est incarcérée avant de s’échapper et de s’embarquer pour un exil forcé à la Nouvelle-Orléans.

La prison de la Petite Force - La cour principale
©paris-promeneurs

Les Massacres de Septembre 1792

Les « Massacres de Septembre » ont lieu à Paris du 2 au 7 septembre 1792 dans les prisons parisiennes, dans un contexte de panique provoquée par la guerre avec l’empire austro-hongrois. Pendant ces journées, les révolutionnaires soupçonnent un complot royaliste, y compris dans les prisons.

A la Petite Force comme dans les autres prisons parisiennes, certaines femmes sont libérées, d’autres sont sommairement jugées et exécutées. Environ 35 femmes sont sauvagement assassinées dans la cour centrale de la Petite Force.

La prison de la Petite Force - L’une des 4 cours intérieures
©paris-promeneurs

Le bâtiment des incurables

Entre 1795 et 1801, Charles-François Viel (1745-1819), architecte en chef des hôpitaux de Paris, réaménage l’ancienne Petite Force en infirmerie pour les « cancéreuses, galeuses, écrouellées, teigneuses et épileptiques". L’ancienne prison prend le nom de « bâtiment des incurables ».

Faisant aujourd’hui partie du vaste complexe de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, ce bâtiment, toujours existant, abrite le service de psychiatrie. Les cours sont accessibles.

La prison de la Petite Force ne doit pas être confondue avec une autre Prison de la Petite Force qui était située rue Malher dans le Marais : aujourd’hui démolie, c’était une annexe de la prison de la Grande Force.

Pour l’architecte Charles-François Viel, voir également l’hôpital La Rochefoucauld, le Mont-de-Piété, l’hôpital Cochin.

Source :
Langlois (Gilles-Antoine), Guide du promeneur 13e arrondissement, Paris, Parigramme, 1996.
Groupe hospitalier La Pitié-Salpêtrière sous l’angle historique, version du 28/11/2014


Rue Vincent de Paul - Hôpital de la Pitié-Salpétrière - M° Chevaleret

VISITES GUIDéES
EN GROUPE

Découvrez toutes les visites, les  tarifs et comment réserver.

Visites historiques
Visites insolites
Visites des villages de Paris
Visites architecturales
Visites de jardin