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L’hôtel de la Chancellerie d’Orléans ou hôtel d’Argenson (démoli)


19 rue des Bons Enfants

1er arrondissement

Appelé également hôtel d’Argenson, l’hôtel de la Chancellerie d’Orléans est une œuvre de l’architecte Germain Boffrand, remaniée par Charles de Wailly, démolie en 1923.

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L’hôtel de la Chancellerie d’Orléans - Façade sur cour - Portique à colonnes doriques

Philippe d’Orléans (1674-1723), duc d’Orléans et futur régent de France, réside au Palais-Royal. Entre 1704 et 1705, il fait construire un hôtel particulier juste à côté, rue des Bons Enfants, par l’architecte Germain Boffrand. Cet hôtel est destiné à loger sa maîtresse, Marie-Louise Lebel de la Boissière de Séry, comtesse d’Argenton.

L’hôtel est situé, selon la tradition, entre cour (à l’Est) et jardin (à l’Ouest). Le jardin communique avec celui du Palais-Royal. Ils seront séparés en 1784 lors de la création de la rue de Valois. A l’intérieur, le grand salon donnant sur le jardin est embelli entre 1706 et 1709 par un plafond peint par Antoine Coypel sur le thème du Triomphe de l’Amour sur les dieux.

En 1711, l’hôtel est vendu à Charlotte de Bautru, veuve de Jean-Baptiste de Rohan. En 1720, le duc d’Orléans le rachète et son fils Louis d’Orléans en hérite à sa mort.

De 1725 à 1752, l’hôtel sert de chancellerie aux Orléans. Le chancelier et surintendant de la famille, Marc-Pierre de Voyer, comte d’Argenson, en a l’usufruit et y habite.

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L’hôtel de la Chancellerie d’Orléans - Reconstitution de la façade sur jardin (maquette)
©Didier Rykner

De 1752 à 1784, son fils, Marc-René de Voyer de Paulmy (1722-1782), duc d’Argenson, en est le propriétaire. C’est un grand protecteur des arts et des artistes. Il souhaite faire de son hôtel un modèle du genre, en remettant toute la décoration intérieure et extérieure au goût de l’époque.

Entre 1762 et 1770, le duc d’Argenson charge son ami, l’architecte Charles de Wailly, de superviser tous les travaux. Les Argenson vont y engloutir toute leur fortune. De cette période datent des plafonds peints par Louis-Jacques Durameau, et Gabriel Briard, des boiseries, et des décors sculptés d’Augustin Pajou. En 1772, Jean-Jacques Lagrenée exécute un nouveau plafond sur le thème de Hébé versant le nectar à Jupiter.

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Grand salon avec les reliefs d’Augustin Pajou et le plafond d’Antoine Coypel (maquette)
©WMF Europe

Charles de Wailly (1730-1798) opère pendant cette même période un rhabillage complet des façades de l’hôtel, ainsi que du bâtiment sur rue abritant le porche d’entrée. L’architecte va y exprimer son goût pour le style néo-classique ou style à l’antique : dépourvues d’ornementations, les façades sont simplement animées par des refends  . Chaque façade est centrée sur un portique   reposant sur des colonnes ioniques (côté jardin) ou doriques (côté cour), emprunté à l’architecture antique.

L’hôtel d’Argenson est alors considéré comme l’un des plus beaux hôtels de Paris et suscite une vive curiosité. Ses décors, d’un goût nouveau, sont un objet de visite pour l’aristocratie parisienne comme pour les visiteurs étrangers.

Après la mort du duc d’Argenson en 1782, ses héritiers, dépassés par l’ampleur des travaux engagés, sont contraints de revendre l’hôtel aux duc d’Orléans. Au XIXe siècle, l’hôtel est surélevé d’un étage et est utilisé à usage commercial.

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L’hôtel de la Chancellerie d’Orléans en pleine démolition (1923)

En 1914, sa dernière propriétaire fait classer l’hôtel. Mais la Banque de France, dont le siège se situe à l’hôtel de la Vrillière voisin, souhaite s’agrandir : l’hôtel de la Chancellerie d’Orléans est déclassé en 1923. La Banque de France s’engage alors à reconstruire l’hôtel à proximité. Pourtant, l’édifice est honteusement détruit au mépris de toutes les lois. De nouveaux bâtiments sont construits à la place. Cette destruction provoque alors un énorme scandale.

La conservation des décors intérieurs avait toutefois été assurée avant la démolition de l’édifice. Les éléments décoratifs, parmi les plus beaux décors du XVIIIe siècle, sont alors stockés à Asnières par la Banque de France, avec la promesse de les remonter ultérieurement dans un autre lieu.

La promesse se fait longtemps attendre puisqu’en 2011 seulement, la Banque de France accepte de céder les décors au ministère de le Culture. Une fois restauré grâce au financement du World Monument Fund Europe, cet ensemble unique de boiseries et panneaux peints sera remonté dans les salons du rez-de-chaussée de l’hôtel de Rohan, appartenant aux Archives nationales.

Pour l’architecte Germain Boffrand, voir également l’hôtel Le Brun, l’hôtel de Soubise, l’hôtel de Seignelay, l’hôtel Amelot de Gournay, l’hôtel de Beauharnais, l’hôtel de Villars, l’hôpital de la Pitié-Salpétrière.

Pour l’architecte Charles de Wailly, voir également le théâtre de l’Odéon et l’église Saint-Sulpice.

Sources :
- www.latribunedelart.com
- Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, Michel Gallet, Mengès, 1995.
- Guide du promeneur 1er arrondissement, Philippe Godoÿ, Parigramme, 1999.


19 rue des Bons Enfants

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