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L’hôtel de Wendel Ecole élémentaire


10 rue de Clichy – M° Trinité

9e arrondissement

Datant du Second Empire, l’hôtel de Wendel incarne la puissance d’une famille de maîtres de Forges qui a régné sur l’industrie sidérurgique française pendant plusieurs siècles. Il a été transformé en école élémentaire.

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L’hôtel de Wendel - La façade sur la rue de Clichy
©paris-promeneurs

Les Wendel, maîtres de forges

Les premiers Wendel connus sont des militaires ; ils sont établis à Bruges et à Coblence. Puis la famille s’installe en Lorraine dans la seconde moitié du XVIIe siècle. En 1704, Jean-Martin Wendel devient maître de Forges à Hayange. C’est le premier d’une longue dynastie qui va incarner la puissance de la sidérurgie française pendant plusieurs siècles.

La famille Wendel est anoblie en 1727 et fait ajouter une particule à son patronyme. Maître de Forge est en effet l’un des rares métiers, avec celui de la verrerie, à ne pas entrainer la dérogeance. La Lorraine comptera ainsi plusieurs familles nobles exerçant cette activité.

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L’hôtel de Wendel - L’escalier d’honneur qui mène à "l’étage noble" où se situent les salons de réception
©paris-promeneurs

En 1782, une fonderie royale est établie au Creusot par Ignace de Wendel d’Hayange, officier d’artillerie, avec l’aide d’un ingénieur anglais, William Wilkinson. C’est une industrie stratégique pour le royaume puisqu’elle fabrique des canons et utilise la houille extraite des mines locales.

Un fleuron de l’industrie française

Sous l’Empire et la Restauration, le groupe familial connaît un développement spectaculaire en Lorraine et au Creusot sous l’impulsion de François de Wendel (1778-1825). Le développement des chemins de fer en France y est pour beaucoup avec la fabrication de rails et de locomotives.

En 1836, une autre famille lorraine, les Schneider, rachète aux Wendel les forges du Creusot et s’y établit durablement. C’est la deuxième dynastie de l’acier qui se crée en France au XIXe siècle après celle des Wendel.

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L’hôtel de Wendel - La façade sur le jardin vue du chevet de l’église de la Trinité
©paris-promeneurs

Avec la défaite française de 1871, les forges situées en Lorraine passent en territoire allemand. Néanmoins, les Wendel restent fidèles à la France et fondent de nouvelles usines près de la nouvelle frontière allemande, à Jœuf.

Un empire sidérurgique à son apogée

Dans la première moitié du XXe siècle, les industries sidérurgiques de la famille Wendel sont à leur apogée. A l’issue de la première Guerre mondiale, l’ensemble des usines Wendel est réuni avec la réintégration de la Lorraine à la France.

François II de Wendel (1874-1949) est le président du puissant Comité des Forges. Régent de la Banque de France, il est l’un des principaux acteurs politiques en France. Les Wendel font alors partie des fameuses "200 familles" françaises considérées comme les plus fortunées.

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L’hôtel de Wendel - Le grand salon
©paris-promeneurs

Un déclin inexorable

Après la Seconde Guerre mondiale, un grand pôle sidérurgique est reconstitué avec la fusion de plusieurs entreprises donnant naissance au groupe Sollac puis Sacilor puis Usinor. Fragilisé économiquement par manque de compétitivité, le groupe est nationalisé en 1981 par l’Etat et prend le nom d’Usinor-Sacilor. En 2002, le groupe fusionne avec Aceleria (Espagne) et Arbed (Luxembourg) pour devenir Arcelor.

En 2006, ce nouveau groupe est absorbé par le géant indien Mittal Steel Company, qui devient Arcelor-Mittal. Le groupe Wendel, dirigé par l’un de ses descendants en la personne du baron Antoine Seillière, existe toujours ; il s’est reconverti en société d’investissement.

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L’hôtel de Wendel - La salle à manger
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Une demeure de style Louis XVI

Entre 1861 et 1867, Charles II de Wendel (1809-1870), l’un des membres de la dynastie, se fait construire une somptueuse demeure dans le quartier de la Trinité. L’emplacement n’est sûrement pas anodin pour cette grande famille catholique : le terrain surplombe le chevet de l’église de la Sainte-Trinité.

L’architecte Maurice-Sidoine Storez conçoit un vaste hôtel de 36 pièces donnant sur la rue de Clichy. Le style de l’édifice en pierre de taille est néo-Louis XVI. Sur la rue, la façade comporte 7 travées ; elle est rigoureuse et presque austère. Le monogramme W des Wendel est présent au fronton, encadré de guirlandes de fleurs.

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L’hôtel de Wendel - L’aile Nord de style néo-Louis XIII
©paris-promeneurs

Sur le jardin, l’hôtel est implanté en L : une longue aile plus tardive prolonge le bâtiment principal. Bâtie en brique, elle s’apparente au style Louis XIII ; on y retrouve le monogramme W des Wendel. Dominant la rue, le jardin dispose d’un parterre et d’une terrasse. Il est agrémenté d’une fontaine ornée d’une tête de monstre en bronze crachant de l’eau.

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L’hôtel de Wendel - La fontaine
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Sous le porche, un vestibule précède l’escalier d’honneur menant à l’étage noble où sont situés les salons de réception. Résistant à l’éclectisme   architectural en vogue, l’architecte s’est inspiré des décors des hôtels aristocratiques de l’Ancien Régime. Ainsi, un portrait de militaire du XVIIIe siècle est incrusté dans la boiserie au-dessus d’une cheminée. Plusieurs pièces de réception ont conservé leur décor intérieur :
plafonds moulurés, portes en bois sombre ou peintes en blanc et or, cheminées en marbre.

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L’hôtel de Wendel - Porte de style néo-Louis XVI
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Après la Seconde Guerre mondiale, l’hôtel est encore habité par la nombreuse descendance Wendel . Puis il abrite des bureaux. En 2011, l’édifice est transformé en école élémentaire. Fort heureusement, les décors intérieurs ont été préservés.

L’hôtel de Wendel est parfois ouvert à la visite au moment des Journées du Patrimoine.

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L’hôtel de Wendel - La façade sur le jardin
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Source :
- La Nouvelle-Athènes, haut lieu du Romantisme, sous la direction de Bruno Centorame, Action Artistique de la Ville de Paris, 2001.


10 rue de Clichy – M° Trinité

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